Caméra

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dimanche 27 mars 2011

Les différentes utilisations de la vidéo-surveillance par les entreprises







La vidéo surveillance dans les grandes entreprises commerciales (Mc Donald, Carrefour, les grands magasins de prêt à porter) est devenue monnaie courante. Ce système permet tout d’abord d'assurer la sécurité des clients et des employés, mais aussi d’éviter le plus possible les vols, de faire "peur" à d'éventuels braqueurs et autres infractions commises. 
Elle est aussi mise en place pour contrer le vandalisme et le vol dans les magasins, qui prend de plus en plus de place dans le chiffre d'affaire de ces entreprises commerciales.
Mais cette vidéo-surveillance permet aussi d'épier le personnel afin d’éviter tout laxisme de sa part voire de réprimander des fautes graves et elle a déjà servi à licencier un employé si celui ci avait commit une faute grave. C'est un moyen de pression que certaines entreprises utilisent beaucoup, et on compte de plus en plus d'entreprises non commerciales qui en font usage, certes pour la sécurité de leurs employés, mais pas essentiellement.

On pourrait alors se demander qui est surveillé dans ce genre d'entreprises et si il n'y a pas comme un détournement de son utilisation ?

Les règles en vigueurs :



La surveillance de son personnel est donc soumise à plusieurs contraintes imposées par La CNIL. En effet pour obtenir l’autorisation d’installer des caméras de surveillance dans un magasin, un dossier stipulant, l’emplacement, l’axe, le nombre de caméras ainsi que les raisons de leur utilisation doit être remplit puis soumis au  CNIL afin que celui-ci confirme l’installation. Si l’autorisation est délivrée, le magasin doit obligatoirement stipuler à ses employés la présence de caméras de surveillance.


Tout magasin équipé d’un système de vidéo surveillance doit aussi stipuler à ses clients la présence de caméras via un panneau placé à l’entrée du magasin.








La CNIL - Commission Nationale de l’informatique et des libertés :





La Commission nationale de l’informatique et des libertés est chargée de veiller à ce que l’informatique soit au service du citoyen et qu’elle ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques. Elle exerce ses missions conformément à la loi informatique et les libertées qui la qualifie d'autorité administrative indépendante




Il n’y a pas que dans les magasins ou les fast-foods que l’on trouve la vidéo surveillance, en effet, on en trouve aussi dans les bureaux, et tout comme dans les cas précédents l’entreprise est soumise aux mêmes contraintes.

En ce qui concerne le droit à l’image, les caméras doivent se situer uniquement là où le personnel en connait l'emplacement et seulement dans les lieux où il travaille. En aucun cas les caméras peuvent être placées à l’insu du personnel ou dans des lieux tels que les toilettes ou les vestiaires.

Les risques encourus pour violation du droit à l’image des employés ou utilisation abusive de la vidéo surveillance sont un an d’emprisonnement et selon l’utilisation qui est faite des images, l’amende peut varier de 15 000 à 45 000 €.







Quelques pourcentages expliquant l'utilisation des caméras de surveillance par les commerces


Fait divers : Abus de surveillance dans une entreprise de prêt à porter

« À la suite d'une plainte de salariés d’une société de prêt-à-porter, la CNIL a réalisé plusieurs contrôles qui l’ont conduite à condamner les dirigeants à une amende de 10.000 euros.

 En effet, cette société avait installé un système de videosurveillance soit-disant destiné à lutter contre le vol. 

Or, ce dispositif avait pour conséquence une surveillance permanente des salariés, y compris dans des endroits où les produits de l'entreprise n’étaient pas stockés.

De plus, la société :
•   n’avait pas informé ses salariés de l’existence de ce dispositif ;
•   n’avait procédé à aucun affichage, ni à aucune déclaration à la CNIL.
N’oubliez pas de consulter les représentants du personnel (comité d’entreprise ou, à défaut, délégués du personnel) avant toute introduction d’un système de vidéosurveillance.
Malgré plusieurs mises en demeure de la CNIL, la société a maintenu son système de surveillance en l’état. La CNIL a dès lors considéré que le fonctionnement du dispositif constituait une collecte illicite de données, disproportionnée au regard de sa finalité (la lutte contre le vol), et prononcé une amende de 10.000 euros.

À cette occasion, la CNIL a rappelé plusieurs principes :
•   l'installation de caméras sur le lieu de travail, même si elle répond à un impératif de sécurité, ne doit pas conduire à une mise sous surveillance généralisée et permanente du personnel, notamment dans des lieux où il n'existe aucun risque de vol ;
•   les salariés doivent être informés de la mise en place d'un tel système de surveillance, ainsi que des finalités poursuivies, des destinataires des images et des modalités concrètes de l'exercice du droit d'accès.

(Délibération CNIL n° 2009-201 du 16 avril 2009 : proportionnalité entre vidéosurveillance et lutte contre le vol) »



La vidéo surveillance dans les entreprises et dans les magasins peut donc permettre d'éviter tous problèmes de vols et d'infractions, mais cela peut contraindre le personnel à être rigoureux dans son travail de peur d'être réprimandé par la direction. Ainsi cela peut être bénéfique pour l'entreprise car la vidéo surveillance permet de limiter les vols (braquages et vols passifs) et le vandalisme mais aussi d'assurer un maintient de la rigueur du personnel par un moyen de pression indirect.

La CNIL est le modérateur ou l'intermédiaire entre sphère privée et sphère publique. Au niveau de la sphère privée, même si l'utilisation de ce procédé de vidéo-surveillance est bien encadré (interdiction de caméras dans les vestiaires par exemple), nous pensons qu'il est souvent contourné. Tout simplement par le fait de se servir de la caméra pour épier les faits et gestes de son employé ET de ses clients (utilisation de caméras de plus en plus puissantes qui permettent de zoomer énormément). La vie privée dans son lieu de travail est donc violée, rendant certaines personnes mal à l'aise face à ce dispositif. Du point de vue de la sphère publique, il est vrai que c'est un atout qui sécurise inconsciemment les personnes, car on se dit qu'il ne peut "rien" nous arriver car le commerce dans lequel nous sommes est sous vidéo-surveillance, autrement dit je suis en sécurité. Les avis diffusent et la sphère publique se sentent plus en sécurité quand il y a des hommes de sécurité proprement dit.




Ce mode de surveillance par caméras remplace peu à peu l'agent de sécurité, qui est parfois absent de certains magasins. La vidéo semble être plus efficace que l'homme, en tout cas elle est complémentaire et presque aucune entreprise ne peut s'en passer. Elle est comme un chef d'orchestre : elle sécurise le client tout en le surveillant et persuade l'employé indirectement de travailler dans les règles tout en assurant sa sécurité.






B.B - M.D





Exemple de violation de droit à l’image et du non respect de la vie privé : Google Street View.




En 2007 Google Maps a cherché à se développer en lançant Google Street View, le concept étant de photographier chaque rue dans le monde entier. Cependant en lançant ce programme Google n’a pas pris en compte le respect du droit a l’image et de la vie privée. Ainsi à l’époque on pouvait voir distinctement le visage des personnes qui étaient présentes lors de la prise photographique des rues. De plus on pouvait aussi voir les plaques d’immatriculation des voitures qui stationnaient et circulaient à ce même moment.

“La violation du droit au respect de la vie privée"

La précision des détails pose certains problèmes de confidentialité, de sécurité et de respect de la vie privée. Ce service est tellement « curieux » que des poursuites commencent à être engagées.

A.     La curiosité de Google Street View
Dès mai 2008, l'Union, les autorités de régulation en charge de la protection des données personnelles de l'Union européenne ont prévenu Google que son application Street View pourrait enfreindre la règlementation relative à la vie privée. Street View ne devait pas être autorisée à afficher des photos de citoyens européens sur le site. Mais, la controverse est apparue lorsque furent publiées des photos présentant des individus identifiables dans la rue et dans des bâtiments.
Google déclarait en réponse qu'il était en train de tester une nouvelle fonctionnalité de brouillage facial. La mesure a depuis été mise en place de manière effective.
Si se balader dans une ville via Google Street View est un réel plaisir pour les utilisateurs, certains défenseurs de la propriété et de la vie privée ne le voient pas du même œil. Il faut dire que certains clichés de Google Street View dévoilent parfois le visage des personnes photographiées, ainsi que des plaques d'immatriculation de voiture, malgré les « floutages » mis en place.
Au printemps 2009, le service de navigation photographique en ligne était interdit en Grèce. Par ailleurs, la Suisse a saisi la justice administrative pour que le géant du Web cesse de photographier des voies privées et évite, de façon générale, de donner trop d'informations d'ordre personnel sur les gens apparaissant sur les images. Même aux Etats-Unis, le géant du Web rencontre une certaine résistance. La ville de North Oaks, dans le Minnesota, a demandé et obtenu le retrait des photos de ses rues privatisées, visibles dans Google Maps.
Enfin, début 2010, un Finlandais a été photographié (par surprise), le pantalon baissé, assis sur une balancelle dans son jardin. Google a publié la photo dans le cadre de son service Street View associé à Google Map... Et le Finlandais a porté plainte pour atteinte à la vie privée. La plainte était recevable. Depuis, Google a heureusement retiré les clichés.


B.     Les poursuites contre Google pour violation de la vie privée
Aux U.S.A., bien que Street View soit conforme aux lois américaines, Google permet aux propriétaires de demander à ce que les photos de leurs foyers soient retirées du service.      
Un couple de Pennsylvanie a ainsi porté plainte en 2008 contre Google en début d'année après avoir trouvé des images de son foyer, prises dans une voie clairement marquée comme « propriété privée ».            
Malgré la fonction qui leur permettait de retirer leurs photos, ces plaignants avaient préféré la voie judiciaire, et avaient réclamé 25 000 dollars de dommages et intérêts.     
La Justice Américaine a tranché en faveur de Google, qui n'a rien à retirer de son service, ni à dédommager les plaignants en aucune manière. Il a en effet été retenu que le fait de ne pas utiliser l'option d'opt-out de Street View était un quasi-accord (implicite) de diffusion des photos.      
C'est donc une excellente jurisprudence en faveur de Google, mais une décision bien peu protectrice des personnes et des biens qui leur appartiennent.
Street View a aussi provoqué la colère des habitants de Broughton,  en Angleterre, qui ont formé une chaîne humaine pour bloquer la Google car, et qui se plaignent de la violation de la vie privée, et de l'absence de consultation.

  

Autre fait divers en Angleterre : une femme a demandé le divorce après avoir repéré la voiture de son mari sur le site. Supposé être en déplacement d'affaires, sa voiture, bien visible sur Street View, était garée... devant la maison d'une amie de sa femme !"


Ce n'est pas parce que des personnes se trouvent dans des endroits publics que le droit au respect de la vie privée, le droit à l'image et le droit de propriété, ne s'appliquent plus. Ainsi si des vidéos ou des photos sont prises dans un lieu public dans le but d'être diffusées dans les médias, si des personnes apparaissent sur les vidéos ou photos, il faut leur accord pour diffuser leur image, si elles ne sont pas d'accord, il faut obligatoirement rendre flou leur visage afin de respecter leur droit à l'image et leur vie privée.

B.B - M.T