Caméra

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mardi 29 mars 2011

La vidéosurveillance, un moyen de lutter contre la délinquance ?







La vidéo-surveillance, garante de la tranquillité ? C’est ce que l’on pourrait croire en lisant le rapport rendu en 2009 par l’Inspection générale de l’administration au ministre de l’Intérieur français.

Mais selon les études scientifiques, rien n’est moins sûr, comme l’expose Sebastian Roché, directeur de recherche au Cnrs (Pacte-Institut d’études politiques, Université de Grenoble), dans cet article repris du N°394, août 2010, du mensuel Pour la Science.




La vidéosurveillance réduit-elle la délinquance ?

L’usage de la vidéosurveillance s’est considérablement développé depuis les années 1960. Parmi les finalités recherchées, la prévention et la dissuasion de la délinquance et de la criminalité sont les plus souvent invoquées. En Europe et aux États-Unis, certaines autorités politiques, mais également des gestionnaires d’équipements qui y sont liés (transports publics, complexes sportifs, par exemple) ont choisi de s’équiper de caméras pour lutter contre les cambriolages, les vols et les agressions dans les espaces publics – une tendance aussi notée en Australie. En Grande-Bretagne, la vidéosurveillance est le programme de prévention de la délinquance le mieux financé depuis 1996 : en 1998, 170 millions de livres sterling étaient alloués à 684 projets d’installation de caméras dans divers emplacements, principalement des centres-villes, des quartiers résidentiels et des parkings, avec l’idée que la vidéosurveillance découragerait les comportements déviants. La France s’est engagée dans la même politique 13 ans après. Nous avons observé que la plupart des nouvelles équipes municipales développent les équipements mis en place par leurs prédécesseurs.

Ces dernières années, grâce aux progrès des méthodes de la criminologie – devenues plus scientifiques –, les impacts de ces dispositifs ont été étudiés dans plusieurs pays – Angleterre, États-Unis, Australie –, de telle sorte que l’on peut connaître les effets associés au déploiement de caméras toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire en éliminant un maximum de biais. Deux méta-analyses scientifiques de ces études ont récemment fourni les premiers résultats fiables concernant l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance et la criminalité. Les conclusions de ces méta-analyses sont sans appel : la vidéosurveillance ne diminue pas la délinquance, sauf dans certains lieux délimités ou clos, tels des parkings. Elles contredisent les études réalisées sans méthode rigoureuse, toutes peu fiables, à l’instar de celles produites aujourd’hui encore en France. Quels sont les ingrédients d’une étude fiable de l’impact de la vidéosurveillance ? Et d’une méta-analyse ? Quelles conclusions ces études nous permettent-elles ou ne nous permettent-elles pas de tirer sur l’impact de la vidéosurveillance ? Telles sont les questions que nous allons examiner ici.



Des études plus scientifiques

C’est aux États-Unis, il y a une vingtaine d’années, que la criminologie a pris un nouvel envol, tant par la diversification des études – étude des propensions individuelles à commettre un délit, des facteurs contextuels, de l’action policière ou des peines infligées – que par l’amélioration des méthodes utilisées, inspirées de la science médicale et des études cliniques. Les études cliniques évaluent les effets des traitements selon des protocoles expérimentaux rigoureux : le sexe, l’âge, les antécédents médicaux, la condition sociale des patients sont pris en compte, ainsi que la taille des échantillons de patients ; des études comparant des groupes recevant ou non un traitement, ou selon différents dosages, sont menées.

En criminologie, les pouvoirs publics américains ont encouragé une telle approche. Différents organismes universitaires ont diffusé de nouvelles normes, qui sont aujourd’hui indispensables pour réaliser les synthèses quantitatives des études criminologiques. La Campbell Collaboration, un consortium scientifique international qui promeut les études d’impact – telles celles de l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance –, a ainsi indiqué qu’il ne fallait inclure dans les synthèses que les études situées au niveau 3 de « l’échelle pour une méthode scientifique » réalisée par l’Université du Maryland, en Floride : ces études répondent à un certain nombre de critères de rigueur, tels la mesure des mêmes variables avant et après une intervention, la prise en compte du contexte et des effets concurrents, la comparaison des sujets traités avec ceux qui ne le sont pas. Cette échelle de mesure de la qualité permet de sélectionner les études pouvant être retenues et intégrées dans les méta-analyses.

Une méta-analyse commence par recenser toutes les études expérimentales (publiées ou non), puis retient celles qui atteignent le niveau 3 de l’échelle du Maryland. La taille de l’effet statistique observé est associée à chaque étude : dans le cas de la vidéosurveillance, cette grandeur statistique mesure l’importance de la baisse ou de la hausse de la délinquance associée à l’installation de caméras dans un lieu donné, pour une étude donnée. Les études sont classées en fonction de la taille de l’effet. Toutes les variables susceptibles d’intervenir dans ces études sont prises en compte (le type de lieu vidéosurveillé est-il un parking, une rue ? A-t-on identifié les effets concurrents, tel l’éclairage ?). On peut ainsi connaître la taille de l’effet pour certaines sous-populations étudiées (par exemple les parkings vidéosurveillés).

Les deux méta-analyses obtenues jusqu’à présent selon ces critères – l’une en 2002, l’autre en 2005 – sont britanniques. Ce n’est pas un hasard : depuis 20 ans, les décideurs publics prônent une approche de la criminalité « fondée sur des preuves », et de nombreux investissements financiers et intellectuels ont été réalisés dans ce sens. Les deux méta-analyses ont été financées par le Home Office, centre de décision et d’analyse des politiques de sécurité. Toutefois, contrairement au ministère de l’Intérieur qui tient ce rôle en France, il n’a pas fait produire les études par ses propres services internes.

L’effet dépend des lieux et des délits

La première méta-analyse couvre 46 études menées aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Parmi elles, 22 ont été jugées d’une qualité suffisante. Les données de 18 d’entre elles ont pu être entrées dans la méta-analyse. Neuf études indiquent une baisse de la délinquance dans les zones vidéosurveillées par rapport à celles qui ne le sont pas, mais les neuf autres ne retrouvent pas cet effet. Les auteurs ont montré que l’efficacité de la vidéosurveillance pour dissuader la délinquance varie suivant les lieux et les délits. D’un côté, les cinq études qui portent sur les rues de centres-villes, les immeubles d’habitation (et non les espaces autour des immeubles) dans les quartiers de type hlm et les quatre études dans les transports publics montrent respectivement peu (moins de deux pour cent) ou pas de réduction significative du niveau de délinquance imputable aux caméras : l’usage des caméras affecte peu la fréquence des violences physiques. De l’autre côté, huit études ciblant des parkings montrent une réduction de 41 pour cent des effractions ou vols de voitures (la neuvième n’est pas interprétable).

Il s’agit là d’une conclusion simple, mais importante : d’une part, elle n’exclut pas les bénéfices de l’utilisation des caméras et, d’autre part, elle prouve qu’on n’obtient pas un effet quel que soit le problème à régler. En d’autres termes, la caméra n’est pas un « médicament universel ». Notons cependant que les effets concurrents n’étaient pas toujours pris en compte dans les études, en partie en raison de leur ancienneté. En outre, la période pendant laquelle les caméras ont opéré n’était pas toujours suffisante pour pouvoir parler d’un effet bénéfique durable (quatre des études portent sur une période inférieure ou égale à six mois).

La méta-analyse de 2005 présente plusieurs améliorations. Elle porte sur 13 des 352 projets d’équipement décidés par le Home Office lors de la seconde phase du programme lancé en 1998 par le gouvernement. Toutes les zones étudiées sont urbaines, situées à trois kilomètres au plus du centre d’une agglomération. La plupart des projets portent sur des centres-villes et des quartiers d’habitation, souvent d’habitat social. De plus, le travail prend en considération des traits du système de vidéosurveillance lui-même (nombre de caméras, fonctionnement de la salle de contrôle des images – les données sont-elles surveillées 24 heures sur 24 ? La salle est-elle en liaison continue avec la police ? –, etc.). Par exemple, on sait que les systèmes de vidéosurveillance passés au crible comportaient de 8 (pour les zones d’habitation) à 600 caméras (pour un ensemble de 60 parkings).

Enfin, l’impact sur la délinquance est mesuré 6, 12 et 24 mois avant et après l’installation, et pour chaque délit répertorié : vol à l’étalage, vol avec effraction, agression, viol, etc.

Sur les 13 projets, 6 indiquent une réduction de la délinquance, mais pour 4 d’entre eux, cette réduction n’est pas significative après comparaison avec les zones témoins. Sept indiquent une augmentation de la délinquance sans que la vidéosurveillance en soit logiquement la cause. Dans les zones tests, le nombre de vols à l’étalage, de délits liés aux stupéfiants ou de violences aux personnes ne diminue pas plus que dans les zones témoins.

Il n’est pas établi que la vidéosurveillance soit toujours efficace dans les parkings une fois les autres paramètres (éclairage, réparation des clôtures) contrôlés : sur les sept études retenues concernant les parkings, seules deux se sont avérées statistiquement significatives. Dans l’une, l’efficacité est explicable par d’autres variables. Elle est en revanche avérée dans l’autre, consacrée à Hawkeye, une zone de Londres qui couvre 58 parkings. Dans cette zone, l’effet attendu est observé dans certains parkings : alors que la délinquance contre les véhicules baisse de 10 pour cent dans les zones de contrôle, elle décroît respectivement de 80 pour cent et 62 pour cent dans les parkings à taux de vols haut et moyen. Ces variations sont significatives. En d’autres termes, la vidéosurveillance n’est efficace que dans les parkings où le risque de vol est important.

Une population pas plus rassurée

L’étude britannique de 2005 traite aussi des perceptions de la population. Elle montre que les personnes interrogées après l’installation de caméras se sentent tout autant en insécurité qu’auparavant, mais un peu moins inquiètes des violations des libertés publiques ; elles sont en outre moins souvent « contentes ou très contentes » de l’installation des caméras et pas plus souvent prêtes à sortir dans les lieux vidéosurveillés ; enfin, elles sont bien moins nombreuses à croire que la « délinquance diminuera » et que « la police répondra plus rapidement aux incidents ». Il n’en reste pas moins que la population est majoritairement favorable à la vidéosurveillance : l’étude du Home Office indique plus de 70 pour cent de satisfaction. En France, bien que les mesures utilisées ne soient pas standardisées d’un pays à l’autre, des études éparses donnent des résultats voisins : en 2008, selon l’Institut Ipsos, 78 pour cent des personnes interrogées sont « très favorables » ou « favorables » au développement de la vidéosurveillance. Cela dit, si on leur donne le choix, les sondés préfèrent avoir des policiers dans la rue plutôt que des caméras.

Des résultats similaires ont été obtenus en Australie, par deux études menées avec des méthodes proches de celles des analyses britanniques. Ces études comparent des lieux vidéosurveillés et non surveillés, d’une part, dans les zones au bord de mer de deux localités australiennes entre 1995 et 2002 et, d’autre part, dans quatre gares ferroviaires situées sur la même ligne. La variation du nombre total de délits commis, de vols ou d’autres atteintes à la propriété, telles les dégradations, est la même dans les zones surveillées et dans les zones non surveillées. La population a plutôt bien accueilli les caméras : entre 57 et 72 pour cent des individus sondés (selon les lieux) se disent contents que la vidéosurveillance soit utilisée.

La vidéosurveillance déplace-t-elle la délinquance dans d’autres zones ? La question est souvent soulevée par ses opposants. La littérature scientifique indique que ce phénomène est observable, mais elle n’est pas en mesure de dire si cela annule l’effet positif global lorsqu’il se produit. Dire qu’une partie des délits est déplacée ne signifie pas pour autant qu’aucun n’a été évité. Aux États-Unis, il est estimé que certains délits, tels les vols à main armée dans la rue, ne sont pas déplacés, tandis que d’autres, tel le vol de voitures, le sont. Dans la méta-analyse britannique de 2005, les auteurs concluent que des déplacements ont été observés dans les « zones tampons » qui entourent la zone test, dans un cas pour les cambriolages, dans un autre pour les vols de voiture. Mais, pour les six études qui enregistrent une baisse de la délinquance en zone test (réelle ou non par rapport aux zones témoins), une seule décrit un déplacement de la délinquance générale.


La vidéosurveillance ne fait pas baisser la délinquance


La principale conclusion des travaux les plus rigoureux disponibles est ainsi que la vidéosurveillance est inefficace pour dissuader la délinquance en général ou pour réduire le sentiment d’insécurité. Ce point est notable, car les études de piètre qualité (exclues des méta-analyses) montrent des résultats bien plus positifs que les études fiables. Il apparaît aussi que la population perd ses illusions quant aux bénéfices de la vidéosurveillance après qu’elle a commencé à opérer. En revanche, il semble que les caméras soient efficaces dans les lieux bien délimités ou clos, avec des points d’accès et de sortie bien déterminés. La densité de couverture en caméras influe sur l’efficacité tant qu’elle ne dépasse pas le point de saturation (au-delà d’une certaine densité, il n’y a plus d’amélioration). Enfin, malgré son désillusionnement, la population reste majoritairement favorable à l’usage de la vidéosurveillance. Les bénéfices politiques de l’installation de caméras n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques répétées, de sorte qu’il est impossible de savoir si la popularité d’un maire ou d’un ministre de l’Intérieur en sort renforcée aux yeux de la population.

Les études disponibles nous renseignent sur l’impact de la vidéosurveillance telle qu’elle a été utilisée sur différents délits. En somme, elles nous disent : on a fait comme cela, et voici les résultats obtenus. Elles constituent une contribution importante, qui doit être distinguée des appréciations, de l’impression personnelle ou de l’injonction politique, toutes de l’ordre du jugement. Pour autant, les études expérimentales ne nous renseignent pas sur ce que pourrait apporter la vidéosurveillance si elle était utilisée différemment (par exemple avec plus d’agents pour visionner des images d’une meilleure qualité, ou avec des caméras centrées sur d’autres cibles). La méthode expérimentale décrit les effets enregistrés. Elle n’est pas un jugement de valeur sur une technologie ou ses potentialités. Elle ne se confond pas non plus avec l’analyse du cadre légal ou éthique.

Sebastian Roché : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4035

On pourra compéter l’article précédent avec celui de D. Perrotin sur agoravox.fr : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/video-surveillance-et-delinquance-56033

Quelques chiffres - source du figaro.fr





D'après ces deux articles, la vidéosurveillance n'a pas d'impact sur la délinquance dans notre société, pour le plus grand nombre de personnes, la délinquance est en quelque sorte "déplacée", c'est à dire que les jeunes dits "délinquants" se déplacent en fonction du lieu d'implantation des caméras.
La vidéosurveillance, ayant été installée dans le but de réduire entre autre la délinquance est un échec, les individus se sentent toujours en insécurité et les caméras ne servent que de support pour les plaintes, ou alors pour retrouver des malfaiteurs. L'atout de la télésurveillance dans la délinquance, au niveau de la sphère privée est la possibilité de retrouver ses agresseurs (agressions, rackets...) au niveau de la sphère publique c'est le moyen de pouvoir également retrouver des vandales (dégradation de biens publics ou vols).

Faut-il encore que les caméras soient placés au bon endroit lors de ces problèmes.



Vidéo extraite d'une émission dont le sujet était la délinquance : 




Ici, le système de caméra-surveillance semble bien marcher, la police repère à partir d'un appel extérieur des racketteurs qui agressent un adolescent, et interviennent "immédiatement", la vidéo servira par la suite de preuve pour le jugement des agresseurs. Mais comme dit précédemment, il faudrait pour que ça marche réellement des caméras de partout, avec quelqu'un derrière 24h/24h. On ne peut donc pas dire que les caméras diminuent la délinquance et donc l'insécurité des individus.


On pourra néanmoins constater que la télésurveillance dans les transports en communs est un outil très bien utilisé qui a montré son efficacité un bon nombre de fois; mais on constate que les villes de notre société ne sont pas équipées de la même façon : voir notre article sur ce sujet.

B.B - M.T

dimanche 27 mars 2011

Les différentes utilisations de la vidéo-surveillance par les entreprises







La vidéo surveillance dans les grandes entreprises commerciales (Mc Donald, Carrefour, les grands magasins de prêt à porter) est devenue monnaie courante. Ce système permet tout d’abord d'assurer la sécurité des clients et des employés, mais aussi d’éviter le plus possible les vols, de faire "peur" à d'éventuels braqueurs et autres infractions commises. 
Elle est aussi mise en place pour contrer le vandalisme et le vol dans les magasins, qui prend de plus en plus de place dans le chiffre d'affaire de ces entreprises commerciales.
Mais cette vidéo-surveillance permet aussi d'épier le personnel afin d’éviter tout laxisme de sa part voire de réprimander des fautes graves et elle a déjà servi à licencier un employé si celui ci avait commit une faute grave. C'est un moyen de pression que certaines entreprises utilisent beaucoup, et on compte de plus en plus d'entreprises non commerciales qui en font usage, certes pour la sécurité de leurs employés, mais pas essentiellement.

On pourrait alors se demander qui est surveillé dans ce genre d'entreprises et si il n'y a pas comme un détournement de son utilisation ?

Les règles en vigueurs :



La surveillance de son personnel est donc soumise à plusieurs contraintes imposées par La CNIL. En effet pour obtenir l’autorisation d’installer des caméras de surveillance dans un magasin, un dossier stipulant, l’emplacement, l’axe, le nombre de caméras ainsi que les raisons de leur utilisation doit être remplit puis soumis au  CNIL afin que celui-ci confirme l’installation. Si l’autorisation est délivrée, le magasin doit obligatoirement stipuler à ses employés la présence de caméras de surveillance.


Tout magasin équipé d’un système de vidéo surveillance doit aussi stipuler à ses clients la présence de caméras via un panneau placé à l’entrée du magasin.








La CNIL - Commission Nationale de l’informatique et des libertés :





La Commission nationale de l’informatique et des libertés est chargée de veiller à ce que l’informatique soit au service du citoyen et qu’elle ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques. Elle exerce ses missions conformément à la loi informatique et les libertées qui la qualifie d'autorité administrative indépendante




Il n’y a pas que dans les magasins ou les fast-foods que l’on trouve la vidéo surveillance, en effet, on en trouve aussi dans les bureaux, et tout comme dans les cas précédents l’entreprise est soumise aux mêmes contraintes.

En ce qui concerne le droit à l’image, les caméras doivent se situer uniquement là où le personnel en connait l'emplacement et seulement dans les lieux où il travaille. En aucun cas les caméras peuvent être placées à l’insu du personnel ou dans des lieux tels que les toilettes ou les vestiaires.

Les risques encourus pour violation du droit à l’image des employés ou utilisation abusive de la vidéo surveillance sont un an d’emprisonnement et selon l’utilisation qui est faite des images, l’amende peut varier de 15 000 à 45 000 €.







Quelques pourcentages expliquant l'utilisation des caméras de surveillance par les commerces


Fait divers : Abus de surveillance dans une entreprise de prêt à porter

« À la suite d'une plainte de salariés d’une société de prêt-à-porter, la CNIL a réalisé plusieurs contrôles qui l’ont conduite à condamner les dirigeants à une amende de 10.000 euros.

 En effet, cette société avait installé un système de videosurveillance soit-disant destiné à lutter contre le vol. 

Or, ce dispositif avait pour conséquence une surveillance permanente des salariés, y compris dans des endroits où les produits de l'entreprise n’étaient pas stockés.

De plus, la société :
•   n’avait pas informé ses salariés de l’existence de ce dispositif ;
•   n’avait procédé à aucun affichage, ni à aucune déclaration à la CNIL.
N’oubliez pas de consulter les représentants du personnel (comité d’entreprise ou, à défaut, délégués du personnel) avant toute introduction d’un système de vidéosurveillance.
Malgré plusieurs mises en demeure de la CNIL, la société a maintenu son système de surveillance en l’état. La CNIL a dès lors considéré que le fonctionnement du dispositif constituait une collecte illicite de données, disproportionnée au regard de sa finalité (la lutte contre le vol), et prononcé une amende de 10.000 euros.

À cette occasion, la CNIL a rappelé plusieurs principes :
•   l'installation de caméras sur le lieu de travail, même si elle répond à un impératif de sécurité, ne doit pas conduire à une mise sous surveillance généralisée et permanente du personnel, notamment dans des lieux où il n'existe aucun risque de vol ;
•   les salariés doivent être informés de la mise en place d'un tel système de surveillance, ainsi que des finalités poursuivies, des destinataires des images et des modalités concrètes de l'exercice du droit d'accès.

(Délibération CNIL n° 2009-201 du 16 avril 2009 : proportionnalité entre vidéosurveillance et lutte contre le vol) »



La vidéo surveillance dans les entreprises et dans les magasins peut donc permettre d'éviter tous problèmes de vols et d'infractions, mais cela peut contraindre le personnel à être rigoureux dans son travail de peur d'être réprimandé par la direction. Ainsi cela peut être bénéfique pour l'entreprise car la vidéo surveillance permet de limiter les vols (braquages et vols passifs) et le vandalisme mais aussi d'assurer un maintient de la rigueur du personnel par un moyen de pression indirect.

La CNIL est le modérateur ou l'intermédiaire entre sphère privée et sphère publique. Au niveau de la sphère privée, même si l'utilisation de ce procédé de vidéo-surveillance est bien encadré (interdiction de caméras dans les vestiaires par exemple), nous pensons qu'il est souvent contourné. Tout simplement par le fait de se servir de la caméra pour épier les faits et gestes de son employé ET de ses clients (utilisation de caméras de plus en plus puissantes qui permettent de zoomer énormément). La vie privée dans son lieu de travail est donc violée, rendant certaines personnes mal à l'aise face à ce dispositif. Du point de vue de la sphère publique, il est vrai que c'est un atout qui sécurise inconsciemment les personnes, car on se dit qu'il ne peut "rien" nous arriver car le commerce dans lequel nous sommes est sous vidéo-surveillance, autrement dit je suis en sécurité. Les avis diffusent et la sphère publique se sentent plus en sécurité quand il y a des hommes de sécurité proprement dit.




Ce mode de surveillance par caméras remplace peu à peu l'agent de sécurité, qui est parfois absent de certains magasins. La vidéo semble être plus efficace que l'homme, en tout cas elle est complémentaire et presque aucune entreprise ne peut s'en passer. Elle est comme un chef d'orchestre : elle sécurise le client tout en le surveillant et persuade l'employé indirectement de travailler dans les règles tout en assurant sa sécurité.






B.B - M.D